Vous êtes intermittent et vous vous demandez à quel âge partir ? Vos cachets, vos périodes de chômage et vos contrats courts comptent-ils bien pour votre pension ? Et comment éviter de découvrir des trimestres manquants au moment de faire votre demande ?
La retraite des intermittents du spectacle relève surtout du régime général et de l’Agirc-Arrco, mais votre relevé de carrière doit être contrôlé avec soin.
Retraite des intermittents du spectacle : les conditions essentielles
| Condition | Règle à connaître | Organisme ou régime |
|---|---|---|
| Statut | L’intermittent est un salarié pour ses emplois déclarés, même avec des contrats très courts. | Régime des salariés du privé |
| Retraite de base | Les salaires et cachets soumis à cotisations servent à valider des trimestres. | Assurance retraite, Cnav ou Carsat |
| Retraite complémentaire | Les cotisations donnent des points Agirc-Arrco. | Agirc-Arrco |
| Âge légal | Il dépend de votre année de naissance. Pour les personnes nées à partir de 1968, il est fixé à 64 ans, sauf départ anticipé. | Assurance retraite |
| Taux plein | Vous devez avoir le nombre de trimestres exigé pour votre génération, ou attendre 67 ans. | Retraite de base |
| Démarche | Contrôlez vos droits, vos points et vos périodes de chômage avant de déposer votre demande. | Assurance retraite, Agirc-Arrco, Audiens |
Vos droits ne dépendent donc pas d’un régime spécial réservé aux intermittents. Ils dépendent de vos salaires déclarés, de vos périodes assimilées et de votre durée d’assurance.
Quel régime de retraite pour un intermittent du spectacle ?
Un artiste ou un technicien intermittent travaille pour plusieurs employeurs, avec des périodes sans contrat. Mais pour chaque emploi correctement déclaré, il reste salarié. Ses cotisations alimentent donc les régimes des salariés du privé.
La retraite se compose de deux parts. La première est la retraite de base. La seconde est la retraite complémentaire Agirc-Arrco. Les deux doivent être demandées au moment de la liquidation.
- Retraite de base : elle relève de l’Assurance retraite, de la Cnav ou de la Carsat.
- Retraite complémentaire : elle fonctionne avec des points Agirc-Arrco.
- Audiens : le groupe accompagne les professionnels de la culture, des médias et de la communication sur leurs droits sociaux.
- Carrière mixte : d’autres régimes peuvent s’ajouter si vous avez été indépendant, fonctionnaire, artiste-auteur ou salarié à l’étranger.
Audiens peut vous aider à lire votre situation, mais Audiens ne verse pas automatiquement toutes les pensions. Le paiement dépend du régime auprès duquel vous avez cotisé. Consultez aussi les règles officielles de la retraite des salariés du privé.
À quel âge un intermittent du spectacle peut-il partir à la retraite ?
L’âge légal de départ vous donne le droit de demander votre retraite. Il ne garantit pas une pension complète. Pour éviter une baisse liée à la décote, vous devez aussi réunir le nombre de trimestres demandé.
Si vous continuez à travailler après avoir atteint le taux plein, vous pouvez gagner une surcote. À l’inverse, un départ avant le taux plein réduit en principe le montant de votre retraite de base.
| Année de naissance | Âge légal | Durée d’assurance requise | Taux plein automatique | Repère |
|---|---|---|---|---|
| Avant le 1er septembre 1961 | 62 ans | Selon génération | 67 ans | Règles antérieures à la réforme de 2023 |
| Du 1er septembre au 31 décembre 1961 | 62 ans et 3 mois | 169 trimestres | 67 ans | Relèvement progressif |
| 1962 | 62 ans et 6 mois | 169 trimestres | 67 ans | Relèvement progressif |
| 1963 | 62 ans et 9 mois | 170 trimestres | 67 ans | Relèvement progressif |
| 1964 | 63 ans | 171 trimestres | 67 ans | Relèvement progressif |
| 1965 et après | De 63 ans et 3 mois à 64 ans | 172 trimestres | 67 ans | 64 ans pour les personnes nées à partir de 1968 |
Le départ à l’âge légal
Vous pouvez déposer une demande dès votre âge légal. Mais s’il vous manque des trimestres, votre pension peut subir une décote permanente. Vérifiez donc votre durée d’assurance avant de choisir votre date.
Le départ à taux plein avec tous ses trimestres
La retraite à taux plein dépend de votre génération et du nombre de trimestres enregistrés. Les périodes de travail, de chômage indemnisé ou de maladie peuvent compter, selon des règles précises.
Le taux plein automatique à 67 ans
À 67 ans, la retraite de base est calculée au taux plein, même si vous n’avez pas tous vos trimestres. Mais une carrière courte peut tout de même réduire la pension, car la durée d’assurance intervient aussi dans le calcul.
Les départs anticipés possibles
Certains départs avant l’âge légal existent. Ils concernent notamment la carrière longue, le handicap, l’incapacité permanente ou certains cas de pénibilité. Les conditions sont strictes et demandent des justificatifs.
- Carrière longue : elle dépend des trimestres cotisés et de l’âge de début d’activité.
- Handicap : elle suppose un taux d’incapacité et une durée d’assurance déterminés.
- Incapacité permanente : elle peut ouvrir un droit selon l’origine et le taux reconnu.
Comment les cachets et les périodes de chômage comptent-ils pour la retraite ?
Les cachets soumis à cotisations servent à valider des trimestres pour la retraite de base. Ils servent aussi à acquérir des points Agirc-Arrco. Ce n’est donc pas le nombre de contrats qui compte seul, mais le salaire déclaré.
Vous ne pouvez pas valider plus de quatre trimestres par an, même si vos revenus sont élevés. Un gros volume de cachets sur quelques mois ne donne pas huit trimestres sur la même année civile.
Le chômage indemnisé peut donner des trimestres assimilés et des droits complémentaires. Les périodes non indemnisées ne produisent pas les mêmes effets. C’est un point important pour les intermittents entre deux contrats.
La maladie, la maternité, l’accident du travail et l’invalidité peuvent aussi ouvrir des droits. Les règles varient selon la situation et les indemnités perçues. Gardez donc vos documents, surtout lors d’une interruption longue.
Si vous avez été engagé par des particuliers, des associations ou des employeurs occasionnels, vérifiez les déclarations réalisées. Vous pouvez consulter les informations du Guso pour les employeurs occasionnels, si ce dispositif vous concerne.
- Les employeurs : chaque contrat et chaque période doivent apparaître.
- Les salaires : contrôlez les montants reportés pour chaque année.
- Le chômage : vérifiez les dates d’indemnisation par France Travail.
- Les congés : gardez les justificatifs de maternité, maladie ou accident.
- Les interruptions : repérez les années avec peu ou aucun trimestre validé.
Comment est calculée la pension de retraite d’un intermittent ?
Le calcul de la retraite de base
Pour les salariés du privé, la retraite de base repose en général sur les 25 meilleures années. L’Assurance retraite prend en compte votre salaire annuel moyen, le taux appliqué et votre durée d’assurance.
Si vous n’avez pas le nombre de trimestres exigé, la décote réduit le taux de calcul. Une carrière avec des années peu rémunérées peut aussi faire baisser le salaire annuel moyen retenu.
Le calcul de la retraite complémentaire Agirc-Arrco
La complémentaire fonctionne autrement. Vos cotisations sont converties en points Agirc-Arrco. Au départ, le total de vos points est multiplié par la valeur du point en vigueur.
Les contrats courts et les employeurs multiples augmentent le risque d’oubli. Contrôlez vos points acquis régulièrement, sans attendre vos derniers mois d’activité.
L’impact des abattements pour frais professionnels
Certains métiers peuvent être concernés par un abattement pour frais professionnels. Quand il réduit l’assiette de cotisation, il peut aussi réduire les droits futurs liés aux salaires déclarés.
Ce mécanisme ne concerne pas tous les intermittents et dépend du métier, des pratiques de l’employeur et des règles applicables. Regardez vos bulletins : un salaire cotisé plus bas peut avoir un effet sur les trimestres ou les points.
Peut-on conserver ses allocations chômage en attendant sa retraite ?
Le maintien des allocations ne dépend pas seulement de votre âge. France Travail examine notamment vos droits ouverts, votre durée d’assurance et votre accès ou non à une retraite à taux plein.
Ne supposez pas que l’indemnisation continuera jusqu’à 67 ans. Les règles changent selon votre dossier, et une mauvaise coordination entre France Travail et l’Assurance retraite peut créer une rupture de revenus.
En cas de blocage, demandez une réponse écrite aux deux organismes. Faites vérifier vos trimestres par l’Assurance retraite. Si le litige reste bloqué, vous pouvez saisir le médiateur compétent avec un dossier complet.
Les démarches pour demander sa retraite quand on est intermittent
- Consultez votre relevé de carrière plusieurs années avant votre départ souhaité.
- Vérifiez les cachets, salaires et employeurs qui manquent ou semblent inexacts.
- Contrôlez vos points Agirc-Arrco sur votre espace personnel.
- Demandez une estimation de pension pour comparer plusieurs dates de départ.
- Signalez les anomalies à l’organisme concerné avec vos justificatifs.
- Déposez votre demande de retraite plusieurs mois avant la date choisie.
Ne laissez pas une erreur ancienne sans réponse. Les contrats courts, les employeurs disparus et les périodes de chômage demandent parfois des recherches. Vos bulletins de salaire et attestations peuvent faire la différence.
Vous pouvez aussi préparer sa retraite avec Audiens pour mieux comprendre votre dossier. Pour les situations complexes, un échange avec l’Assurance retraite reste utile.
Quand déposer son dossier ?
Anticipez plusieurs mois avant votre date de départ. Vérifiez le délai conseillé par les organismes au moment de votre demande, surtout si votre carrière comporte des périodes à régulariser.
Quels documents préparer ?
- Pièce d’identité et relevé d’identité bancaire.
- Relevé de carrière et relevé de points Agirc-Arrco.
- Bulletins de salaire ou attestations employeur pour les périodes absentes.
- Justificatifs France Travail pour le chômage indemnisé.
- Documents de maladie, maternité ou invalidité si nécessaire.
- Preuves d’activité à l’étranger ou dans un autre régime.
Les erreurs à éviter pour protéger ses droits
Les erreurs viennent souvent d’une vérification trop tardive. Pour protéger vos droits à la retraite, ne vous fiez pas uniquement à une estimation orale ou à un document ancien.
- Confondre âge légal et taux plein : partir à l’âge légal peut entraîner une décote.
- Attendre le dernier moment : corriger des périodes manquantes prend du temps.
- Oublier le chômage indemnisé : ces périodes doivent apparaître dans votre dossier.
- Négliger les points Agirc-Arrco : ils représentent une partie de votre pension.
- Ignorer un abattement : il peut avoir un effet sur vos cotisations.
- Déposer sans contrôle : vérifiez les salaires, les cachets et les employeurs avant la liquidation.
FAQ sur la retraite des intermittents du spectacle
Un intermittent du spectacle a-t-il une retraite spécifique ?
Non. L’intermittent est principalement un salarié du privé. Il relève de la retraite de base du régime général et de la retraite complémentaire Agirc-Arrco pour les emplois déclarés.
Les périodes de chômage intermittent comptent-elles pour la retraite ?
Les périodes de chômage indemnisé peuvent valider des trimestres et donner des droits complémentaires. Les périodes non indemnisées suivent d’autres règles. Vérifiez leur présence sur votre relevé de carrière.
Combien de trimestres faut-il pour partir à taux plein ?
Le nombre dépend de votre année de naissance. Pour les générations les plus récentes, il atteint 172 trimestres. Votre espace Assurance retraite indique la durée d’assurance exigée pour votre situation.
À quel âge peut partir un intermittent du spectacle ?
L’âge retraite intermittent du spectacle dépend de votre génération. Il atteint 64 ans pour les personnes nées à partir de 1968, sauf dispositif de départ anticipé applicable.
Audiens verse-t-il la retraite des intermittents ?
Audiens accompagne les professionnels du secteur dans leurs démarches. La pension est versée par les régimes auprès desquels vous avez cotisé, comme l’Assurance retraite ou l’Agirc-Arrco.
Les cachets permettent-ils de valider des trimestres ?
Oui, si les cachets sont soumis à cotisations. La validation dépend du montant de salaire déclaré durant l’année. Vous ne pouvez toutefois pas obtenir plus de quatre trimestres par an.
Peut-on percevoir le chômage si l’on n’a pas tous ses trimestres ?
Parfois, mais ce n’est pas automatique. Le maintien des allocations dépend des règles de France Travail et de votre dossier. Demandez une réponse écrite avant de prendre une décision sur votre départ.
